Oui, j’ai bien vécu mon retour en France, ça vous étonne ?

Il y a quelques jours, je suis tombée sur un énième article titrant : Revenir en France après la vie à l’étranger : la galère silencieuse des expatriés & immigrés français, et puis, presque sans me contrôler, j’ai eu un gros soupir, étonnant mes collègues, et les poussant à me questionner. Le fait est ? J’en ai eu marre de lire inlassablement les mêmes discours, de revoir le même article avec les mots qui changent peu, ou pas, d’un énième ex-expatrié revenu en France, déprimé. Déprimé et en crise. En crise identitaire, émotionnelle et professionnelle. La faute à ? La faute à personne malheureusement, la faute au temps qui est passé sans nous consulter, la faute aux copains qui ne nous ont pas attendus pour s’aimer, pour se marier, pour acheter, pour investir, pour parier sur un avenir que nous n’envisagions même pas, nous, nous qui avions cette chance incroyable de vivre à court terme, au jour le jour, au contact d’une autre culture, modifiant peu à peu, et malgré nous, notre façon de penser, de réfléchir, d’appréhender le monde, et la vie.

Cette faculté de pouvoir vivre l’instant présent sans penser au lendemain, c’est peut-être lui le plus beau cadeau que l’expatriation m’ait offert. Et que mon retour essaye de me reprendre. Cet état d’esprit si difficile à acquérir dans cette France que nous avons décidé un jour, délibérément, de quitter.

Alors oui, oui d’un côté, je comprends le titre de ces articles. Parce que moi même, et ce depuis 19 mois, je me sens, à mon tour, bien souvent en décalage. Et comment, comment leur dire que, de moi à moi (je veux dire : sans me comparer aux autres) je ne vois pas le souci, à 28 ans, d’être encore entre deux appartements, deux jobs et deux mecs ? Comment, comment leur dire que, je ne marche qu’aux émotions, positives et négatives, que je manque de rationalité et que je veux ma vie comme je l’entends, pleine de zestes et de couleurs ? Comment, comment leur expliquer qu’un jour je dise blanc, que le lendemain je dise noir, qu’un jour j’ai envie de repartir au bout du monde sur un coup de tête et que le lendemain je me vois mariée avec 4 enfants, dans une vie simple et tranquille.

Alors oui, certains doivent me prendre pour un ovni instable, d’autres pour quelqu’un d’absolument contradictoire et le plus difficile dans tout ça est de s’adapter, finalement. De s’adapter à la personne que l’on a en face de soi sous peine d’être prise pour quelqu’un de bizarre, d’en retard, je sais pas.

Le bilan un an et demi après mon retour : il me reste encore du chemin à parcourir et je ne vais pas vous le cacher, bien des choses sont plus difficiles ici. La légèreté de l’être pour ma part, que j’ai tellement de mal à retrouver dans l’entourage, au sens large.

L’art de rester positif, à toute épreuve, l’insouciance, le rire quand on a envie de faire la gueule, l’enthousiasme contagieux, la question constante qui se pose : « dans 1 an, est-ce que ça aura encore de l’importance ? », les gens qui montent sur l’escabeau et prennent de la hauteur, qui créent, pour eux et pour les autres, qui font confiance, qui se font confiance, qui ne se comparent pas aux autres, qui n’envient pas mais qui s’inspirent, aller plus loin, plus vite, avoir des objectifs… C’est ça qui manque.

A la place ? Les hurlements, les papotages, le ruminage, l’écoute du ruminage, me prendre parfois à ruminer à mon tour, à dévoiler cette part de moi que je tente de chasser, dès que je l’entre-aperçois, la complainte et l’habitude, la contastation de l’angoisse, le désespoir, la peur panique de devenir comme ça…

En fait c’est ça le plus difficile lorsque l’on revient : chercher très fort en nous pour ne pas céder à la négativité ambiante.

Ici, je dois apprendre tous les jours, ou presque, à conserver un bon esprit. Apprendre automatiquement à essorer l’éponge qui, parfois, se remplit de vices, de peurs, de colère, d’émotions négatives et rester positive. De l’inné à l’autre bout du globe – avec beaucoup moins de sécurité, de confort et de moyens – ce trait devient acquis, un comble. Et tel est, pour moi, le plus grand drame que les revenants peuvent vivre.

Alors oui je comprends les titres de ces articles, et si, jusqu’à alors j’ai parlé de partir, je vais parler de revenir.

Parce que, si le retour est douloureux, si la dépression vous guette, si vous avez des envies de tout foutre en l’air et de reprendre le premier avion, si la mauvaise ambiance vous pèse, il est tout à fait possible de retrouver la paix intérieure et le bonheur, en revenant en France ou ailleurs, et ce, dès maintenant. (Amen ?) Oui, promis. Alors oui, je vous embarque avec moi dans une série d’articles pour vous raconter comment moi j’ai appris à bien vivre mon retour et à être heureuse en France, parfois plus – et sans vous mentir – que je ne l’ai jamais été. Youplaboum !

La suite au prochain article ?

Love !

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2 commentaires sur « Oui, j’ai bien vécu mon retour en France, ça vous étonne ? »

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