Comme un coup

J’aurais voulu vous raconter la poitrine qui saute et le coeur qui s’emballe d’un coup, sans même que l’on comprenne, on est déjà fichu.  J’aurais voulu vous raconter les nuits durant lesquelles on ne dort pas, l’appétit que l’on a plus, l’esprit qui bloque, qui s’arrête, la chaleur qui s’empare de notre corps, le sourire qui se fige, l’infinie tristesse aussi, parce que c’est une bêtise. D’ailleurs les amis n’ont que ce mot là qui sort : bêtise. J’aurais voulu vous raconter le trac, la hâte, la peur, l’envie, la trouille, la préparation minutieuse des habits, je vais mettre une robe, et puis tout enlever pour un jean, il me portera bonheur, des rechanges de rouge à lèvres, au cas où, une brosse à dent, ce sera pour juste avant. J’aurais voulu vous raconter l’excitation, le réveil lorsque je sais que c’est juste ce soir, les quinze premières minutes, le coeur qui bat si vite, les 100 pas juste devant la porte, l’envie de vomir, de rire, de pleurer, de danser. La maudite et adorée minute où rien d’autre ne compte, sinon se voir, très vite.

J’aurais voulu vous raconter les questions que l’on se pose, qui s’enchaînent, qui nous rendent verts de peur, qui nous font sourire, qui nous donnent l’air concentrés, qui nous rendent silencieux, j’aurais voulu vous raconter cette énergie que personne ne peut comprendre à moins d’un jour être arrivé dans une salle et avoir ressenti ce coup de massue sur le corps, bouleversant les projets, la logique que l’on essaye de respecter, le chemin que l’on tente de tracer. J’aurais voulu vous raconter la honte, aussi. La honte d’attendre, la honte de désirer si fort sans savoir pourquoi, de se montrer trop insistant, ne s’imposer alors que l’on a aucune légitimité. Je n’aurais pas voulu vous raconter l’impatience, le corps (encore) qui se tort, la force mentale pour essayer de chasser, de se raisonner, de revenir à avant, avant la rencontre, avant les sentiments parce que ça nous ferait nous plaindre, on n’a pas envie de me plaindre, ça nous fait déjà assez perdre l’équilibre comme ça.

Et puis après, j’aurais voulu vous raconter tout le reste, mais je ne sais pas comment on fait, pour raconter quelque chose de tellement fort, alors à la place, pour le moment en tous cas, le reste viendra dans quelques temps, je vais juste vous dire ça, et puis vous raconter l’après. 

L’après, les verres qui trinquent, les nerfs qui lâchent, les mains que l’on serrent très très forts, les lèvres que l’on mort, l’imagination qui vient se mêler à tout cela, encore plus qu’avant. Le film qui défile malgré nous, les images une à une qui reviennent hanter notre esprit et faire très mal au corps, puis au coeur, inévitablement. Trouver l’oreille la plus fidèle et parler, parler, raconter, alors que l’on s’était dit “non, tu gardes tout pour toi cette fois-ci”, les coups de fil que l’on passe pour déroule la scène encore une fois. Je ne sais plus là, à ce moment là, ce détail qui revient, pourquoi c’était si bien. J’éteins mon portable 100 fois, je le rallume, j’écris, j’efface – on fait des choses un peu ridicules dans ces situations là, visiblement.

L’après, il faut effacer, oublier, ce n’était qu’une lubie, un mirage, une parenthèse. Essayer de manger, s’emparer d’une chose sucrée, manger ce n’importe quoi pour panser les plaies, aïe, on doit tirer un trait, déjà.

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Blogueuse Parisienne ex-expatriée à Hong Kong, je tiens ce blog lifestyle & voyage depuis 2014. Merci de m’avoir lu et n’oubliez pas de me laisser un petit commentaire ! Bisous ! Laura

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