Réflexion sur l’identité online 

23h08. 5 heures de papotage avec elle. Après des heures de réflexion, seule, derrière mon ordinateur, durant de longues balades, à tout moment de la journée, de la nuit même aussi, ma décision est prise : j’arrête. Bon pas tout à fait, mais, pour ne rien vous cacher, je l’ai envisagé.

Le fait est que d’écrire est devenu une passion – et c’est bien la raison première pour laquelle j’ai commencé à “bloguer” il y a… 6 ans. Les mots – les assembler, les ressentir, les aligner, les imaginer, les associer – ils sont, au delà de notre lien, mon moyen d’expression vital, mon défouloir, mon exutoire.

Souvenez-vous, il y a quelques années, Instagram est né.. j’y ai tant joué. On s’est également connu comme ça, vous et moi. Aujourd’hui, je me moquerais presque de mes premières photos : mal cadrées, des couleurs trop saturées, beaucoup trop de hashtags et puis… à force de regarder les autres faire, je me suis construite une “identité”. Dont je fus fière à un moment donné. (don’t judge me) Mois après mois, après avoir écrit des pages et des pages sur Hong Kong, l’envie de diversification s’est faite ressentir. Que faire ? Bien-sûr j’étais abonnée au comptes de quelques filles, devenues copines, par le biais des soirées – bien-sûr j’aimais leurs photos, leurs looks, leurs styles, moi qui m’était jurée de ne jamais tomber dans le business “blog beauté”. 

J’ai voulu tester, une fois. « Franchement, pas mal d’avoir des photos de soi. » Allez, reposons une deuxième fois. Puis une troisième. Contrairement à ma volonté première, Instagram a triomphé, m’a écrasée. L’appétence du like m’a poussée à faire ce que je n’aurais jamais envisagé – m’a façonné une conduite – a fait naître en moi de nouveaux désirs. Par mimétisme – donc quelque peu erronés – vous pouvez vous en douter.

Je me suis ainsi créée un monde parallèle via ce mini réseau social. Un monde de paillettes, d’insouciance, de rêve. Un monde loin de moi par bien des côtés. Un monde qui ne véhiculait que des ondes positives, qui me faisait beaucoup sourire. Un monde qui plaisait, un monde qui faisait monter les likes, et qui “marchait.” Montrer ma tête, parfois des looks, raconter des aspects de ma vie c’était cool, et, bercée dans dans cela, sans aucun recul, je n’y ai jamais vu le mal. Je n’y vois toujours pas de mal, rassurez-vous, et je ne serai jamais de celles qui bloquent l’intégralité de leurs contenus de peur que le géant Google vienne les espionner, utiliser leurs données et les dévorer toutes crues. (Sérieux, j’en suis encore au stade “rien à foutre”) Non, non, c’est plus la question identitaire qui est venue à moi. Ce parallélisme entre moi, mon vrai moi, celle qui ne se prend pas du tout au sérieux, qui se paye sa tronche ouvertement, qui met très peu de make-up, qui porte très peu de bijoux, qui se trimballe le même sac à main depuis 4 hivers et l’image que je pouvais véhiculer à travers les réseaux sociaux. Entre moi et l’image publique qui peut se créer très vite à travers quelques photos et articles.

En discutant avec Elle, j’ai réalisé le fossé entre ce que je montrais et la personne que j’étais. J’ai réalisé le pouvoir que prennent aujourd’hui les médias sociaux dans nos vies – et cette force de pouvoir devenir n’importe qui. J’ai pris peur je vous le dis. 

Et puis… autre chose m’a dérangé. Ce quelque chose dont je ne m’étais jamais rendu compte auparavant : cette monstrueuse – et fâcheuse – superficialité qui, malheureusement, se cache derrière le mot “blog”. Tous ces gens qui ne lisent pas de “blogs”, ou qui n’en tiennent pas : m’étais-je mis à leur place un jour ? J’ai pris conscience – et je pense que nous le devons tous – notre société actuelle (et de tout temps) met vite des gens dans des cases. Tant mieux si les copains blogueurs l’assument totalement – moi – à des moments – je n’en peux plus de cette case. Je n’en peux plus de voir des anciens potes s’éloigner de moi à cause de la désastreuse image que peuvent avoir les blogs aujourd’hui. Je n’en peux plus de voir d’autres personnes se rapprocher de moi, de me parler que du blog, des produits que j’ai la chance de recevoir ou des restaurants que j’ai la chance de tester en exclusivité lorsque je voudrais parler de TOUT sauf de ces privilèges dont je suis consciente et qui sont parfois « indécents » à évoquer. Je n’en peux plus d’être – parfois – le centre de certaines conversations juste parce que j’ai une p*** d’image en ligne et que mon espace de création commence à être (un petit peu) vu. Je n’en peux plus de n’être réduite qu’à ça – parfois – que ces putins de mots que je n’écrivais – à la base – que pour moi – se transforment en pauses récréatives pour des personnes mal intentionnées ou conduisent à une déformation de mon identité. 

Petite mise en perspective : oui je reçois des produits, oui je les choisis, oui je crois en leurs valeurs – oui j’aime les marques avec lesquelles je travaille – oui j’aime les concepts que je teste. Et cela ne fait pas de moi la Blogueuse = Blonde = Sourire Bright = Connasse. 

Oui – faut assumer de – parfois – véhiculer cette image de princesse parisienne blogueuse un brin superficielle – lorsque – la plupart du temps – tu kiffes avec tes potes, tu payes ton sandwich 20 balles et tu te fonds dans la masse. 

Autre chose :  la dépendance… La dépendance à ces petits réseaux qui prennent tant de place de nos jours. Je voudrais vous parler du livre que j’ai – parfois – du mal à ouvrir pour mieux pianoter sur Instagram, apposer des petits commentaires et compter mes likes – Je voudrais vous parler du mini stress lorsque je ne capte pas durant un weekend entier et que je sais qu’il y a des choses que je dois poster – Je voudrais vous parler de la ridicule satisfaction qu’il est possible d’éprouver pour quelques nouveaux abonnés. Cette dépendance affreuse, futile, déprimante et qui commence à me peser, sincèrement. 

Bloguer est une passion pour toutes les rencontres faites grâce à ce petit espace, ces petits mails en pagaille, ces commentaires qui rassurent, qui font du bien, qui vous aident aussi.

Bloguer est une passion et je vous mentirais si je vous disais que ma première réflexion du matin n’est autre que : « Que vais-je le dire/raconter/montrer aujourd’hui ? »

Bloguer est une passion mais je me rends compte à quel point trop en dire – trop montrer peut être néfaste sur le long terme.

Bloguer est une passion mais je ne veux plus être dépendante des réseaux sociaux.

Alors… Alors j’ai beaucoup réfléchi. Tout arrêter ? Non, bien sûr que non. Écrire est vital et ce blog repose avant tout sur le partage d’expériences voyage. Moins en dire ? Oui, voilà, c’est ça. Moins en dire pour me préserver. Moins raconter pour préserver mes proches également. Adopter le Less Is More. Et me concentrer sur autre chose…

Sur l’écriture par exemple. Un projet est – chut rien n’est officiel – en cours.

J’espère que vous aurez compris le fond de ma pensée ♡

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Blogueuse Parisienne ex-expatriée à Hong Kong, je tiens ce blog lifestyle & voyage depuis 2014. Merci de m’avoir lu et n’oubliez pas de me laisser un petit commentaire ! Bisous ! Laura

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